L’appareil photographique introduit l’idée de la manipulation de l’objet, mais aussi de l’image. Le miroir, quant à lui, révèle l’intimité de son ou de sa propriétaire, illustrant l’appartenance à différentes classes sociales. La webcam, enfin, engendre une proximité encore plus poussée entre acheteur et vendeur, puisqu’elle implique le fait de se filmer.
Ces trois catégories constituent ainsi une mise en abyme de l’image par l’image et mettent en lumière les notions de représentation et de stratégies d’évitement.
L’exposition s’articule en trois volets – CAMERA, MIRROR et WEBCAM – chacun correspondant au titre d’un livre conçu par l’artiste. Afin de constituer une collection d’images qualifiées de vernaculaires, Léo Paschoud s’est imposé un protocole bien précis : poser la même question à chaque vendeur·euse afin de récolter une photographie de l’objet convoité. Par le biais de cette recherche, l’artiste s’intéresse à la notion d’identité.
À travers cette démarche, une nouvelle perspective s’ouvre à lui : l’agrandissement des images dévoilant des détails oubliés ou invisibles à l’œil nu. Cette approche questionne la place de l’image vernaculaire et de l’image dite « pauvre ». Elle interroge leur rôle aujourd’hui, leur légitimation au sein des institutions muséales, ainsi que les mécanismes de réappropriation des images à l’ère contemporaine.