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samedi

Voyage au bout de la nuit

Voyage au bout de la nuit Les Amis musiquethéâtre, Place du Temple 8, 1227 Carouge Billets

Credits: Anouk Schneider

Les Amis musiquethéâtre, Carouge (CH)

J’ai en moi mille pages de cauchemars en réserve, celui de la guerre tient naturellement la tête. Des semaines de 14 sous les averses visqueuses, dans cette boue atroce et ce sang et cette merde, et cette connerie des hommes.

Cette adaptation de l’œuvre la plus célèbre de Céline met l’accent non seulement sur l’absurdité de la guerre, le nationalisme meurtrier, l’horreur et la misère, mais elle révèle l’humanité de l’auteur, notamment lorsqu’après la guerre de 14-18, on le découvre en tant que médecin. Une vocation qu’il revendiquait, avant même celle d’écrivain. Felipe Castro joue à lui seul tous les personnages, redonnant vie à ce roman autobiographique à la langue charnelle et musclée.
Ce spectacle a été classé parmi les dix coups de cœur 2025 du journal Le Temps : Sur scène, un comédien en solitaire, Felipe Castro, génial dans sa précision et son humilité. Un éblouissement. Marie-Pierre Genecand, janvier 2026 

 

LA GUERRE
Felipe Castro, décembre 2024

La guerre, « ça venait des profondeurs et c’était arrivé » (Voyage au bout de la nuit).
Submergé par les comptes rendus des guerres en cours, par les chiffres des « pertes humaines », des
« déplacés », des « frappes », il y a bientôt un an, j’ai écouté presque par hasard une série

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J’ai en moi mille pages de cauchemars en réserve, celui de la guerre tient naturellement la tête. Des semaines de 14 sous les averses visqueuses, dans cette boue atroce et ce sang et cette merde, et cette connerie des hommes.

Cette adaptation de l’œuvre la plus célèbre de Céline met l’accent non seulement sur l’absurdité de la guerre, le nationalisme meurtrier, l’horreur et la misère, mais elle révèle l’humanité de l’auteur, notamment lorsqu’après la guerre de 14-18, on le découvre en tant que médecin. Une vocation qu’il revendiquait, avant même celle d’écrivain. Felipe Castro joue à lui seul tous les personnages, redonnant vie à ce roman autobiographique à la langue charnelle et musclée.
Ce spectacle a été classé parmi les dix coups de cœur 2025 du journal Le Temps : Sur scène, un comédien en solitaire, Felipe Castro, génial dans sa précision et son humilité. Un éblouissement. Marie-Pierre Genecand, janvier 2026 

 

LA GUERRE
Felipe Castro, décembre 2024

La guerre, « ça venait des profondeurs et c’était arrivé » (Voyage au bout de la nuit).
Submergé par les comptes rendus des guerres en cours, par les chiffres des « pertes humaines », des
« déplacés », des « frappes », il y a bientôt un an, j’ai écouté presque par hasard une série documentaire radiophonique à propos de Louis Ferdinand Céline (France Culture, les grandes traversées, 2019).
J’y ai entendu des passages du Voyage au bout de la nuit.
Et ces mots m’ont bouleversé, d’avantage encore qu’à la première lecture, il y a vingt ans.
Ils rendaient, ces mots, leur humanité, leur violence, leur horreur… et leur vie à des récits de guerre vidés de leur sens par leur répétition quotidienne. Par l’habitude.

«Il est difficile de traduire l’horreur de la guerre en mots», disait le directeur général du CICR, Pierre Krähenbühl, à Genève, au printemps dernier.
Céline l’a fait. Et il l’a fait comme personne.
Chercher à faire résonner aujourd’hui ces mots, cette langue, celle de Céline, celle du Voyage,
celle de sa guerre, de son pacifisme acharné. Le faire maintenant.
C’est ce qui m’a semblé nécessaire. Evident.
Partager la fascination qu’exerce sur moi, comme chez beaucoup de ses lecteurs, cette langue unique, puissante, charnelle.
Le faire avec le Voyage au bout de la nuit, en y mêlant des extraits d’autres textes de Céline sur la guerre, profitant notamment de la publication récente de Guerre, parmi d’autres textes inédits.

Ce qui guide ma démarche, ce qui en est au cœur, c’est le Céline d’avant 1936.
C’est son humanisme, son antimilitarisme.
C’est la dénonciation des horreurs dont sont capables les hommes. A hauteur d’homme, justement. A hauteur de tripes.
C’est la beauté de la langue. L’extraordinaire usage qu’en fait Céline pour être au plus près des hommes, de leur souffrance, de leur complexité.
C’est la tendresse.

[…] le sexe n’empêche pas l’amour, et l’amour n’empêche pas le sexe… enfin ça peut paraître paradoxal.
Je ne sais pas bien où mettre ce mot, moi, chez Céline. J’en préfère un autre, qui a l’air tout petit, mais qui est immense, qui est « tendresse ». Et, au fond, ces deux livres là, c’est ça, ce sont des trous noirs où ça se travaille, ça travaille, ça travaille au corps. L’amour, la mort, la tendresse, la solitude… deux ou trois petites choses essentielles au delà desquelles on ne peut pas tellement aller, qui nous collent à la peau quand on commence d’être et quand on finit. Et entre les deux, on s’arrange avec ça.
Ces deux livres-là, à mon sens, sont vraiment des lieux où ça se passe. C’est ça, le Voyage, c’est le seul voyage.
Et c’est sans surprise. « Le reste c’est du remplissage en attendant la sortie », c’est lui qui l’a dit, ça.
Extrait d’un entretien avec Marie-Hélène Lafon, dans Louis Ferdinand Céline, au fond de la nuit, une émission de France Culture, 2019

Adaptation et jeu, Felipe Castro. Accompagnement, José Lillo
Scénographie, Natacha Jaquerod. Lumière, Rinaldo Del Boca
Son, Jean Faravel. Photos, Anouk Schneider
Production Les Amis – Le Chariot

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Organisateur

Les Amis musiquethéâtre

Total: XX.XX CHF

Infos

Lieu:

Les Amis musiquethéâtre, Place du Temple 8, Carouge, CH

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